La cartographie mondiale des Agetech n'existait pas, alors nous l'avons créée
Ce qui mérite d'être fait mérite d'être bien fait.
Début septembre 2021, nous avons lancé un nouveau projet. Une cartographie des agetech, les startups de la Silver Économie. À l’heure où j’écris ces lignes, nous en avons sourcé 270, et la recherche continue.
D’autres cartographies existent, mais nous les trouvions incomplètes, parfois périmées, trop souvent restreintes à un silo ou un secteur géographique et toujours complexe à mettre à jour, si tant est que ce soit possible.
C’est pourquoi, nous avons choisi un format dynamique et open data - c’est gratuit et la base de données est en libre accès - offrant aux startups la possibilité d’actualiser simplement et gratuitement leurs informations.
Un marché + une carto = trois finalités
Primo, c’est un outil pratique, gratuit et fiable pour identifier les opportunités business.
Secondo, c’est une source d’information précieuse pour analyser les forces et faiblesses de notre écosystème.
Tertio, c’est un super contenu de promotion pour les entreprises de la Silver Économie, notamment lors des événements où elles sont rassemblées.
A l’origine, j’ai créé cette cartographie pour les investisseurs.
Pourquoi les investisseurs ?
La prochaine étape de l’évolution de notre écosystème dépend de l’intérêt qu’y prêteront les investisseurs.
C’est un cercle vertueux :
Un marché qui intéresse les investisseurs va attirer les entrepreneurs ambitieux.
Un marché avec des entrepreneurs ambitieux va attirer plus de venture capitalists (VC), de business angels (BA), de fonds à impact et d’investisseurs institutionnels.
Un marché avec de l’investissement fort et des startups nombreuses et successful va donner naissance à des services qualitatifs pour les consommateurs.
Tout cela contribue à tirer la qualité vers le haut et couvrir tous les aspects du marché.
Les entrepreneurs ambitieux et les investisseurs doivent savoir où sont les besoins, comment le marché est structuré, qui sont les acteurs en place, combien ont-ils déjà levé et auprès de qui, quels sont leurs besoins actuels.
Quant à la Silver Économie, elle doit entamer sa mue.
La Silver économie tourne en boucle 🔥
Malgré son ambition internationale et holistique, la Silver économie reste un concept franco-français. Elle attire surtout les entreprises qui veulent prévenir ou accompagner la grande dépendance. Elle rebute un nombre important d’entrepreneurs qui ne se reconnaissent pas dans ses valeurs, son image ou sa définition même.
En voici trois illustrations :
L’ambition internationale de la Silver Économie n’a pas trouvé écho à l’étranger
Aux Etats-Unis, la Silver economy, c'est le marché des professionnels de l'argent (le métal) alors que le marché des seniors, c'est :
La aging economy qui couvre le champ des nouveaux services en excluant le médico-social et l’immobilier collectif.
L’immobilier senior, énorme marché qui - comme chez nous - doit évoluer pour s’adapter aux nouvelles générations de seniors.
La longevity economy qui couvre le champ des biotechs offrant des traitements contre les effets du vieillissement.
Les agetech : toutes les startups qui se lancent sur ce marché, quelle que soit la dose de tech qu'elles injectent dans leur projet.
Cette terminologie fait consensus chez les investisseurs qui considèrent la Silver Économie comme une exception culturelle française de plus.
En France, le médico-social lui colle à la peau…
En France, berceau de la Silver économie, des entrepreneurs qui apportent une réponse aux enjeux posés par la Silver économie ne se considèrent pas comme de la Silver économie.
Trop d’entreprises associent la Silver Économie aux vieux dépendants et ne veulent pas donner cette image de leur projet aux clients, aux investisseurs et à leurs pairs. J’en rencontre régulièrement. Notre échange commence toujours par une mise en garde :
Je vous préviens, Monsieur Faure, moi, je ne suis pas dans la Silver Economie.
Et pourtant, leur business s’ancre clairement sur le marché des seniors ou celui de la longévité…
… et l’ESS s’en défie
Dès l’origine, les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) ont eu du mal avec les intentions mercantiles de la Silver Économie. Nombre d'entrepreneurs ne se reconnaissant pas dans un mouvement qui voudrait faire
De l’argent sur le dos des vieux
J’avoue avoir du mal à comprendre cette manière qu’ont certains acteurs de l’ESS de voir les vieux comme des êtres fragiles et influençables sur lesquels les chacals de la Silver Économie s’apprêtent à fondre en meute, afin de dépouiller leur bas de laine.
Mais, c’est un fait, nous devons vivre avec : des entreprises qui apportent une contribution significative au bien-être des vieux ne veulent pas être associées à la Silver Économie, pour des raisons idéologiques.
Unsexy business
On aura beau dire que la Silver économie, c'est à partir de 55 ans.
On aura beau chercher à donner un contrepied avec des photos de vieux bondissants.
On aura beau rassurer l’ESS sur les intentions réelles des entreprises de la Silver Économie…
On aura beau angliciser son nom en l’écrivant Silver Economy…
L'image de la Silver économie n'est pas sexy.
On peut rester en tribu et danser ensemble autour du feu, cela ne fera pas tomber la pluie.
Si nous voulons attirer des investisseurs et des entrepreneurs ambitieux, nous devons leur donner des raisons de venir.
Les investisseurs non spécialisés dans la longévité ont besoin de mieux cerner les opportunités de business, d’identifier les entreprises qui y répondent ainsi que les besoins des consommateurs qui ne sont pas satisfaits.
Et c’est pour les y aider que nous avons créé la cartographie des agetech
Pendant le mois de septembre, nous avons décroché notre téléphone, parlé à des VC et des business angels afin de comprendre comment ils fonctionnent et ce qui leur manque pour trouver la prochaine licorne.
Nous avons écumé les incubateurs, clusters, concours, programmes d’accompagnement à la recherche des startups agetech.
Nous avons épluché leurs sites web, les médias économiques et LinkedIn Sales Navigator pour collecter de précieuses données chiffrées sur chaque entreprise.
Nous avons peaufiné des catégories afin d’expliquer ce que fait chaque startup et sur quel business model elle s’appuie.
Nous avons rassemblé ces recherches dans une base de données reliée à un site web.
Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de fierté et une pointe d’émotion que je vous présente :
The ultimate Agetech Open Data Base 🦸
Une base de données qui présente plus de 450 structures de la Silver économie en France.
Une cartographie classée en fonction du besoin auquel elles répondent et de leur business model.
Cette base est Open Data et le restera.
Vous pouvez consulter la version en ligne sur silvermap.fr ou télécharger les données sur github.

