Legrand Care, treize ans pour devenir incontournable
Ce que les mouvements récents de Legrand Care révèlent sur la stratégie d'un groupe qui attendait depuis 2013 que le marché soit mûr.
Il y a quelques jours, Legrand Care annonçait sur LinkedIn un partenariat avec la FédéCRT — la toute jeune Fédération des Centres de Ressources Territoriaux, constituée en juin 2025.
Un mois plus tôt, c’était un partenariat avec le Réseau Francophone des Villes Amies des Aînés, signé en marge du Conseil National de la Silver Économie du 19 mars. Et le 29 mai, Legrand Care organise au campus Legrand de Bagnolet une “Matinée des experts de la santé et du médico-social”, avec la FédéCRT comme invitée, ouverte par Luc Broussy.
Trois mouvements en deux mois.
Je pourrais m’arrêter à la surface — un industriel qui soigne ses relations publiques dans un secteur où il cherche à vendre — et passer à autre chose. Ce serait une erreur d’analyse. Ce que Legrand Care est en train de construire est plus structuré, plus patient et plus ambitieux.
D'abord, ce que Legrand Care n'est pas.
Legrand Care n’est pas une startup de la Silver Tech qui cherche à disruper la téléassistance. C’est la filiale autonomie d’un groupe industriel mondial qui pèse 8,65 milliards d’euros de chiffre d’affaires, consacre 26% de ce CA aux infrastructures datacenter (chiffre 2025) et a acquis Enovation — leader néerlandais du logiciel de santé connectée — pour plus de 500 millions d’euros (en 2024).
La direction France a été confiée en février 2024 à Aurélien Poisson — pur produit maison, plus de vingt ans chez Legrand.
Zoom sur Aurélien Poisson
Un dirigeant qui connaît les canaux, les clients et les dynamiques internes du groupe dans les moindres détails, passé par le terrain commercial, le management régional, la com interne et le pilotage de projets digitaux européens.
Le certificat Finance for Executives à l’INSEAD, décroché fin 2024, dit qu’il sait qu’il est passé à un autre étage et qu’il s’en donne les moyens.
Son engagement de longue date au-delà du business — dix ans dans le réseau elle@legrand, neuf ans chez Électriciens sans Frontières — dessine un profil de dirigeant pour qui l'impact social n'est pas un élément de langage.
Sa communication LinkedIn est instructive.
Silence quasi total pendant la première année de poste. Puis, à partir du deuxième trimestre 2026, une présence soutenue — partenariats annoncés, prises de position sur l’IA et le care, cas d’usage terrain.
Le tempo coïncide avec la concrétisation des partenariats FédéCRT et RFVAA et l’approche de l’événement du 29 mai : Aurélien Poisson a attendu d’avoir quelque chose à montrer.
Le style, en revanche, tranche avec les codes habituels d’un grand groupe industriel — la quête de preuve sociale, les photos de signature, la fréquence des publications sont davantage le registre d’un écosystème startup que d’une direction de filiale Legrand.
C’est probablement voulu : Legrand Care cherche à construire dans le médico-social une légitimité sectorielle que le nom Legrand seul ne lui donne pas spontanément.
Du boîtier à l’infrastructure : la trajectoire en trois actes
Acte 1 : le hardware, base de départ
Legrand Care France, c'est légalement Legrand Care SAS — anciennement Intervox Systèmes —, installée à Bagnolet. La marque est née en novembre 2021 du regroupement de cinq entités européennes : Intervox en France, Neat, Tynetec, Aid Call et Jontek au Royaume-Uni. Le catalogue français repose sur deux lignes : côté domicile, la famille NOVO — boîtier de téléassistance en plusieurs variantes (PSTN, IP, 4G VoLTE), le NOVO Go avec GPS, le bracelet SMILE ; côté établissement, la gamme EASYCALL pour l'appel infirmier en EHPAD et résidences services.
Des produits solides, premium par construction, sans prix publics puisque tout passe en B2B indirect.
Les téléassisteurs achètent les boîtiers, intègrent le coût dans leur abonnement, et l’utilisateur final ne voit jamais le nom Legrand Care.
Ce modèle a une limite structurelle que Legrand connaît mieux que quiconque : vendre du hardware, c’est vendre une fois. Legrand Care a décidé de ne pas rester équipementier.
Legrand Care a décidé de ne pas rester sous ce plafond.
Acte 2 : le pivot, documenté et chiffré
En avril 2024, Legrand Group acquiert Enovation. Entreprise néerlandaise, 350 salariés, plus de 60 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel — composé majoritairement de revenus récurrents. Cette précision n’est pas anodine : dans les communications groupe, le terme “largely recurring revenue stream” apparaît là où les communications sur les produits hardware ne parlent que d’unités vendues.
Enovation = éditeur de logiciels de santé connectée : télésurveillance à distance, partage de données entre établissements, coordination des soins.
Une couche applicative, pas matérielle.
Dix mois plus tard, en février 2025, Enovation acquiert Performation, SaaS néerlandais déployé dans plus de 200 établissements de santé — dont l’ensemble des hôpitaux des Pays-Bas — spécialisé en gestion de capacité et suivi de parcours patients.
Deux acquisitions, une logique : passer du boîtier à la plateforme. Du produit vendu une fois à l’abonnement facturé chaque mois. De l’équipementier à l’opérateur de données de santé.
Le Care Management Portal (CMP) est déjà opérationnel en France : supervision en temps réel des terminaux NOVO, téléconfiguration à distance, historique des alarmes, mises à jour over-the-air. C’est la passerelle entre le hardware et le modèle services. La version française, encore limitée, de ce qu’Enovation fait déjà à l’échelle européenne.
Acte 3 : le datacenter comme miroir
Pour comprendre où va Legrand Care, il faut regarder où va Legrand Group.
En 2025, le segment datacenter représente 26% du chiffre d’affaires du groupe, contre 15% en 2023. Neuf acquisitions sur douze mois. En 2025-2026, l’accélération continue avec Avtron Power Solutions, Linkk Busway Systems et d’autres. La feuille de route groupe cible 15 milliards d’euros à horizon 2030.
Le parallèle est lisible : Legrand a construit son leadership mondial sur les infrastructures électriques des bâtiments. Il applique la même logique à deux secteurs en structuration simultanée — les datacenters d’un côté, le maintien à domicile de l’autre. Dans les deux cas, la stratégie est identique : entrer tôt, poser les standards, devenir l’infrastructure sur laquelle les autres s’appuient.
Le calendrier français reste à préciser — c'est l'une des zones d'ombre de ce dossier.
La stratégie d’influence : comment on devient incontournable avant que le marché se ferme
Il existe une fenêtre, dans tout secteur en structuration, pendant laquelle les règles du jeu ne sont pas encore écrites. Les cahiers des charges sont en cours de rédaction, les fédérations cherchent leurs marques, les décideurs territoriaux tâtonnent. C’est dans cette fenêtre qu’un acteur industriel bien organisé peut poser ses jalons pour les dix années suivantes.
Legrand Care a identifié cette fenêtre. Et il s’y est engouffré avec méthode.
La FédéCRT : arriver tôt sur une fédération qui construit encore ses murs
La FédéCRT est constituée en juin 2025. Elle fédère 125 CRT adhérents sur un objectif national de 500 structures à horizon 2028. Son président, Olivier Lefebvre, pilote une structure légère — un salarié chargé de mission, une gouvernance de 15 membres, des journées régionales à organiser, des groupes de travail sur le cahier des charges national à alimenter. Une fédération en quête de ressources pour fonctionner : un local, une plateforme d’expression, une visibilité qu’elle n’est pas encore en mesure de financer par ses propres moyens.
Si le sigle CRT vous est étranger, j'en ai écrit l'anatomie complète ici.
Le 29 mai 2026, Legrand Care osrganise au Nouveau Campus Legrand une “Matinée des experts de la santé et du médico-social”. La FédéCRT y intervient — Olivier Lefebvre en table ronde sur le numérique dans le médico-social. Luc Broussy ouvre l'événement. Le programme inclut une visite du showroom
Formulons les choses clairement : c’est un événement commercial organisé par Legrand Care, sur le campus Legrand, avec visite du showroom Legrand. La FédéCRT y est invitée, pas co-organisatrice. Du business développement bien habillé — ce qui ne le disqualifie pas. C’est précisément pour ça que ça fonctionne.
Legrand Care revendique une position de référence technologique auprès d’une fédération dont les membres vont rédiger ou influencer les cahiers des charges locaux de déploiement des CRT. Si les standards techniques qui émergent de ces travaux sont alignés avec les solutions Legrand Care, le travail aval de vente devient infiniment plus simple.
Le Club des partenaires de la FédéCRT formalise ce cadre sans en documenter les conditions. Aucun montant public, aucun mécénat formalisé. Les contreparties prennent d’autres formes — mise à disposition d’espaces, prise en charge de frais d’événements, accès à des expertises. Du financement indirect, légal, courant. Et qu’il vaut mieux nommer pour ce que c’est.
Le RFVAA : jouer la carte territoriale à l’échelle nationale
Signé le 19 mars 2026 en marge du Conseil National de la Silver Économie, le partenariat avec le Réseau Francophone des Villes Amies des Aînés positionne Legrand Care comme “partenaire technologique des collectivités”.
Le RFVAA fédère villes, départements, régions et communautés de communes engagés dans la démarche Villes Amies des Aînés de l’OMS — un réseau d’élus et de techniciens territoriaux, exactement la cible que Legrand Care cherche à atteindre pour la phase suivante de son développement.
Le RFVAA dispose par ailleurs du FATIS — Fonds d’Appui pour des Territoires Innovants Seniors — doté de 6 millions d’euros sur 2025-2026 par la CNSA, pour accompagner environ 300 collectivités.
Ce fonds est public, piloté par le RFVAA avec le ministère. Legrand Care n’y contribue pas. Mais être partenaire du réseau qui accompagne les collectivités bénéficiaires, c’est être présent dans les conversations au moment où elles décident comment équiper leur territoire.
Luc Broussy : un opérateur, pas un conférencier
Luc Broussy préside France Silver Eco. Il a fondé en 2018 le think tank Matières Grises, qui rassemble les principaux opérateurs du grand âge en France : Clariane, Emeis, DomusVi, Groupe VYV, AÉSIO Santé, et depuis peu les grands groupes d’aide à domicile — Oui Care, Vitalliance, Petits-fils, Ouihelp.
Formellement un think tank ; en pratique, une plateforme d’influence collective pour les grandes structures du secteur, qui produit des rapports destinés à “peser sur les politiques publiques” et à nourrir les lois et plans nationaux.
Luc Broussy n’est pas dans l’organigramme de Legrand Care.
Mais l’inviter en ouverture de cet événement, c’est convoquer en un seul mouvement la légitimité de France Silver Eco, le réseau de Matières Grises, et la crédibilité d’un homme que les décideurs territoriaux écoutent. De la mise en scène institutionnelle de haut niveau, difficile à acheter sans avoir accompli le travail de crédibilité en amont.
La mécanique en entonnoir
Ces mouvements dessinent une stratégie à trois étages :
Les collectivités territoriales en haut : orientations politiques et financement à l’échelle des territoires ;
La FédéCRT et les CRT au milieu : prescription et déploiement quotidien ;
Les téléassisteurs en bas : clients directs historiques.
Legrand Care travaille les trois simultanément.
Ce que ça change pour les autres acteurs
Treize ans d’affût avant l’attaque
En décembre 2013, le Contrat de filière Silver économie est signé. Le comité de filière est réuni autour de Gilles Schnepp, alors PDG de Legrand, qui en assure la vice-présidence. Legrand n’est pas un membre parmi d’autres — il en est co-architecte. Dans le texte fondateur, le groupe s’engage sur les axes où il dispose d’un avantage technologique : téléassistance, bouquets de services, fonds d’investissement sectoriel, internationalisation.
Le contrat lui-même est lucide sur l’état du marché : les technologies pour l’autonomie sont “balbutiantes”, les marchés trop étroits, l’equity gap important. Conclusion implicite : il faut être là tôt, sans se précipiter tant que le marché n’est pas solvabilisé et prescrit.
Legrand a attendu. Pas passivement : en acquérant Intervox Systèmes, en surveillant l’écosystème, en repérant les cibles. Puis en lançant Legrand Care en 2021, en nommant Aurélien Poisson en février 2024, en déboursant 500 millions d’euros sur Enovation deux mois plus tard. Treize ans entre le coup d’envoi institutionnel et le déploiement industriel à pleine puissance.
Le plafond de verre de la téléassistance
La téléassistance française plafonne. Le taux d’équipement stagne autour de 10% des personnes âgées à domicile depuis des années. La cible est quasi exclusivement constituée de personnes de 80 ans et plus, recrutées en situation de crise — une chute, une hospitalisation, une sortie de SAMU. Le modèle repose sur l’acquisition pure, avec un plateau d’écoute comme cœur opérationnel, et une valeur perçue qui reste associée dans l’imaginaire collectif au vieux médaillon de grand-mère.
Rajeunir la cible est structurellement difficile. Et l’IA change la donne : des acteurs de l’IAHealth commencent à se positionner sur la détection et l’anticipation, sans médaillon ni plateau d’écoute. Si ces acteurs réussissent à entrer par le haut — monitoring discret, non stigmatisant, pour des personnes de 65-70 ans — ils court-circuitent le modèle classique avant que les téléassisteurs aient eu le temps de se reconvertir.
C’est une autre newsletter. Mais c’est le contexte dans lequel la bascule vers les services récurrents est pour Legrand Care une nécessité autant qu’une ambition.
La tension de canal
La stratégie Enovation crée une friction que personne n’énonce publiquement, mais que les téléassisteurs ont commencé à calculer. Legrand Care vend ses équipements aux opérateurs de téléassistance. Ces opérateurs sont ses clients directs. Mais Enovation opère exactement sur la couche où ces mêmes opérateurs cherchent à monter en valeur — la supervision, la data, l’interprétation des signaux faibles.
Aujourd’hui, Enovation est principalement déployé aux Pays-Bas. La tension est latente, pas encore déclarée. Si Legrand Care franchit les barrières réglementaires françaises et propose une couche logicielle intégrée à son hardware, certains téléassisteurs se retrouveront dans une position inconfortable : dépendre d’un fournisseur actif sur leur propre terrain de développement.
Ce qu’on ne sait pas
Une analyse honnête dit ce qu’elle ne sait pas.
Le contenu réel des partenariats. Ni la FédéCRT ni le RFVAA ne font l'objet d'une documentation publique — pas de montants, pas de clauses, pas de contreparties formalisées. Une fédération de 125 structures construisant ses cahiers des charges nationaux, dont le partenaire technologique de référence est un industriel et équipementier, mérite qu’on sache ce qui protège son indépendance prescriptrice. Peut-être que les clauses existent. Peut-être pas. On ne sait pas.
La certification HDS du portail CMP. Legrand Care ne publie aucune communication sur la conformité de son portail à l’exigence de certification HDS. Pour un acteur qui se positionne comme infrastructure de données de santé à domicile, c’est un point qui devra être tranché publiquement.
Le déploiement français d’Enovation. Les contraintes réglementaires — certification HDS, interopérabilité avec Mon Espace Santé, statut de dispositif médical — constituent des barrières non triviales. Le pivot SaaS est engagé au niveau groupe. Sa traduction française reste à démontrer.
Le chiffre d’affaires réel de Legrand Care France. Legrand Group ne publie pas les résultats de sa division Assisted Living & Healthcare de façon isolée. On ne sait donc pas ce que pèse Legrand Care France, ni sa rentabilité propre — ce qui rend difficile d’évaluer si la stratégie d’influence est proportionnée à la taille réelle de l’activité, ou si elle anticipe un volume qui n’existe pas encore.
Le manuel que personne n’a écrit
La Silver Economy produit depuis 13 ans des acteurs convaincus, des startups agiles, des opérateurs de terrain indispensables. Elle n’a pas encore produit de stratèges industriels capables de jouer simultanément sur la durée, l’institutionnel et le pivot de modèle économique.
Legrand Care joue à ce jeu-là. Depuis 2013 dans la filière, depuis 2021 sous la marque unifiée, depuis 2024 dans le logiciel de santé. Sa stratégie d’influence signale un acteur sachant que dans ces secteurs à fort ancrage réglementaire et institutionnel, la légitimité se construit avant les appels d’offres, pas pendant.
Est-ce que ça réussira ? Pas certain. Le déploiement français du SaaS santé est une montagne réglementaire. La tension de canal avec les téléassisteurs est réelle. Et le plafond de verre de la téléassistance ne se brisera pas par la seule force d’un bon positionnement institutionnel.
Mais la méthode, elle, est bonne. Dans notre secteur où la plupart des acteurs attendent que l’État écrive les règles avant d’investir, Legrand Care est en train d’écrire une partie des règles elle-même. C’est un avantage compétitif durable — à condition de ne pas confondre la carte et le territoire.
L’essentiel en 60 secondes
Qu’est-ce que Legrand Care ? Legrand Care est la filiale du groupe Legrand dédiée aux solutions d’assistance à l’autonomie et de santé connectée. Elle est basée à Bagnolet et opère dans plus de 40 pays. En France : téléassistance à domicile (gamme NOVO) et systèmes d’appel infirmier en établissement (gamme EASYCALL).
Qu’est-ce qu’un Centre de Ressources Territorial (CRT) ? Dispositif créé par la loi de financement de la Sécurité Sociale de 2022, le CRT coordonne le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie en articulant acteurs du domicile et solutions de téléassistance renforcée. Objectif national : 500 CRT d’ici 2028. La FédéCRT, constituée en juin 2025, en fédère 125 à ce jour.
Pourquoi Legrand Care s’intéresse-t-il aux CRT ? Les CRT sont des prescripteurs émergents de solutions technologiques pour le maintien à domicile. Se positionner comme partenaire de référence de la FédéCRT pendant que ses cahiers des charges nationaux sont encore en construction, c’est influencer les standards techniques qui orienteront les choix d’équipement pour les prochaines années.
Qu’est-ce qu’Enovation et pourquoi cette acquisition est-elle stratégique ? Enovation est un éditeur néerlandais de logiciels de santé connectée acquis par Legrand Group en avril 2024 pour plus de 500 millions d’euros. Il génère majoritairement des revenus récurrents — à l’opposé du modèle hardware. Cette acquisition marque le pivot de Legrand Care vers un modèle de plateforme de services à marge supérieure.
Qu’est-ce que le think tank Matières Grises ? Fondé en 2018 par Luc Broussy, Matières Grises réunit les principaux opérateurs privés et mutualistes du grand âge — Clariane, Emeis, DomusVi, Groupe VYV, et depuis peu les grands groupes d’aide à domicile. Il produit des rapports destinés à peser sur les politiques publiques. Formellement un think tank ; en pratique, une plateforme d’influence collective pour les grandes structures du grand âge.
Legrand Care est-il en concurrence avec les téléassisteurs ? Pas directement — pour l’instant. Legrand Care leur vend ses équipements. Mais la montée en puissance sur la couche logicielle via Enovation crée une tension latente : si le déploiement français aboutit, certains opérateurs se retrouveront à dépendre d’un fournisseur actif sur leur propre terrain de développement.
Legrand est-il présent dans la filière Silver économie depuis longtemps ? Depuis 2013. Co-architecte du Contrat de filière, vice-président du comité de filière sous Gilles Schnepp. Acquisition d’Intervox Systèmes dans la foulée. Lancement de Legrand Care en 2021. Nomination d’Aurélien Poisson en février 2024. Treize ans de présence institutionnelle avant le déploiement industriel à pleine puissance.


